D’où il vient
Le radon est un gaz radioactif naturel. Il naît de la désintégration de l’uranium contenu dans les roches, en quantité très variable selon la géologie : les massifs granitiques et les terrains volcaniques en produisent nettement plus que les bassins sédimentaires. En Bretagne, dans le Massif central, dans les Vosges ou en Corse, le potentiel est élevé. En Beauce, il est faible.
Le gaz remonte à travers le sol et entre dans le bâtiment par ses points de contact avec la terre : fissures de dalle, joints entre dalle et murs, passages de canalisations, regards, vides sanitaires, caves à sol en terre battue. Une fois à l’intérieur, il se dilue avec l’air neuf. C’est pourquoi la même maison peut afficher des valeurs très différentes selon la saison, l’usage du chauffage, et le fait que la ventilation soit en service ou coupée.
Trois conséquences pratiques découlent de ce mécanisme. Les niveaux les plus élevés se trouvent au niveau le plus bas occupé, cave aménagée, rez-de-chaussée sur vide sanitaire. Un logement étanche mais mal ventilé concentre davantage qu’un logement perméable. Et l’hiver aggrave, parce que l’écart de température entre l’intérieur et le sol met le bâtiment en légère dépression et aspire l’air du terrain.
Ce que le risque veut dire
L’Organisation mondiale de la santé classe le radon comme deuxième cause de cancer du poumon, loin derrière le tabac mais devant toutes les autres expositions domestiques. Le point à retenir est que les deux risques ne s’additionnent pas : ils se multiplient. Chez un fumeur, une exposition élevée au radon pèse bien plus lourd que chez une personne qui n’a jamais fumé. C’est aussi ce qui rend la mesure utile dans un foyer où quelqu’un fume.
Deux repères circulent, et ils ne disent pas la même chose.
| Valeur | Origine | Ce qu’elle signifie |
|---|---|---|
| 100 Bq/m3 | Niveau de référence recommandé par l’OMS | Objectif de long terme, sous lequel le risque résiduel est considéré comme faible |
| 300 Bq/m3 | Niveau de référence retenu en France et dans la directive européenne | Au-delà, des actions correctives sont attendues |
Un becquerel par mètre cube correspond à une désintégration par seconde dans ce volume. Ce n’est pas un seuil de toxicité : la relation entre exposition et risque est continue, sans palier en dessous duquel il n’y aurait rien. Descendre de 400 à 200 a un sens, même si 200 reste au-dessus de la recommandation de l’OMS.
Ce qu’il faut mesurer, et quand
Une mesure ponctuelle ne vaut rien. Les valeurs varient d’un facteur cinq entre le jour et la nuit, et davantage encore entre l’été et l’hiver. La seule mesure exploitable est une mesure intégrée : un dosimètre passif, posé au minimum deux mois, pendant la période de chauffe, dans la pièce de vie ou la chambre située au niveau le plus bas occupé.
Le dosimètre coûte quelques dizaines d’euros, analyse comprise. Il ne demande ni électricité ni intervention. Il se pose loin d’une fenêtre, loin d’une source de chaleur, à hauteur de respiration, et on l’oublie. Le laboratoire renvoie une moyenne sur la période, qui est exactement la grandeur dont on a besoin, puisque le risque dépend de l’exposition cumulée et non d’un pic.
Les appareils électroniques à lecture continue ont un autre usage. Ils ne remplacent pas le dosimètre pour établir un niveau, mais ils montrent la dynamique : l’effet d’une fenêtre ouverte, d’une ventilation remise en route, d’une porte de cave condamnée. Pour décider quoi corriger, cette lecture-là vaut son prix.
Ce qui fait baisser une valeur
L’ordre des opérations compte, parce que la première marche est de très loin la moins chère.
Aérer et ventiler d’abord. Une ventilation mécanique en état de marche, des entrées d’air non obstruées, une cave ventilée plutôt que fermée : sur des valeurs modérées, entre 300 et 600 becquerels, cela suffit fréquemment à repasser sous le niveau de référence. Encore faut-il que la ventilation ne mette pas le logement en dépression, ce qui reviendrait à aspirer davantage de gaz du sol. C’est la raison pour laquelle on équilibre les débits avant de conclure.
Étancher ensuite. Reprise des fissures de dalle, traitement des passages de canalisations, obturation des regards, mise en place d’une membrane sur un sol en terre battue. Quelques centaines d’euros de matériaux, une journée de travail, et un effet mesurable dès la première période de chauffe.
Extraire enfin, quand les deux premières marches ne suffisent pas. La dépressurisation du sol consiste à créer un puisard sous la dalle ou à ventiler le vide sanitaire par un extracteur, de manière à ce que le gaz parte au-dehors au lieu de traverser le plancher. C’est le dispositif le plus efficace sur les valeurs élevées, et le plus coûteux : quelques milliers d’euros selon la configuration.
Dans tous les cas, une seconde mesure intégrée, après travaux et sur une nouvelle période de chauffe, est la seule façon de vérifier que la correction a produit son effet.
Ce que nous faisons
Nous établissons le potentiel radon de l’adresse à partir de la cartographie publique, nous relevons la configuration du bâti au regard de ses points de contact avec le sol, et nous indiquons si une mesure intégrée est justifiée. Lorsqu’elle l’est, nous précisons où poser le dosimètre, à quelle période, et ce qu’il faudra faire des chiffres. Lif8 mesure des lieux : nous ne sommes pas un professionnel de santé et ne posons aucun diagnostic médical.



